Retour sur le café littéraire “La ville qui mange, pour une gouverance urbaine de l’alimentation”

L’alimentation urbaine était au programme du café littéraire organisé le 24 juin 2014 avec la librairie Mot à Mot, en compagnie d’Isabelle Lacourt, l’une des trois auteurs du livre.
En guise d’introduction, des données sur la très forte croissance de la population urbaine -nous serons 75 % à vivre en ville à l’horizon 2050-, accompagnée d’un développement de nombreuses pathologies, largement corrélées à une mauvaise alimentation : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires… Elles deviennent dans de nombreux pays de véritables problèmes de santé publique.

Comment assurer une alimentation “urbaine” de qualité ? Comment inverser la tendance vers l’uniformisation de nos repas et la banalisation de l’acte alimentaire, assurer une place plus grande aux produits frais, aux plats préparés sur place, aux produits biologiques garants d’une absence de pesticides ? Comment réduire le gaspillage ? Comment contribuer au développement de l’agriculture bio, au maintien d’agricultures locales?

Si une réflexion doit être conduite à une échelle globale, tant les échanges alimentaires sont aujourd’hui mondialisés et les problèmes de croissance urbaine et malnutrition présents dans la plupart des régions du globe, une “gouvernance locale” est également possible.

Les repas sont de plus en plus pris hors foyer et la restauration collective constitue un extraordinaire levier. Elle échappe à une stricte logique de profit à court terme, elle concerne un nombre croissant de personnes, des enfants aux personnes âgées. Isabelle Lacourt a présenté quelques expériences concluantes d’introduction massive du bio, en France comme à l’étranger, à Rome par exemple ou encore à Copenhague, grâce une détermination forte des équipes municipales. Elle a également rappelé quelques points de vigilance : la gestion de l’approvisionnement et la logistique, l’intérêt à mutualiser l’ensemble des besoins d’un territoire pour créer une filière alimentaire, la rationnalisation du traitement des produits frais -légumes notamment-, l’implication, très en amont du projet, des cuisiniers qui ont un rôle clé -des formations pouvant alors s’avérer utiles-, enfin la nécessaire conviction des collectivités locales.

S’il est indispensable d’avoir une vision globale du projet (pour éviter notamment de se cantonner à proposer un produit bio – pomme ou pain le plus souvent -, ou proposer un repas bio toutes les semaines ou tous les mois…), il ne faut pas non plus chercher à atteindre tout de suite la situation idéale, il peut être plus facile d’avancer progressivement, en s’appuyant sur des opportunités qui s’offrent à nous, tout en gardant un objectif ambitieux et la volonté d’y parvenir. Plutôt que des solutions clés en main, il s’agit bien d’en appeler à la créativité collective et à l’échange d’expériences avec ceux qui ont déjà adopté d’autres pratiques de restauration !

  • La présentation d’Isabelle Lacourt est disponible sur ce site : cliquez ici.
  • Le livre “La ville qui mange,  pour une gouvernance urbaine de l’alimentation”, Nicolas Kraus, Maruizio Mariani, Isabelle Lacourt. Ed. Leopold Mayer, est disponible en prêt à la bibliothèque de Bulles de Vie.
  • Quelques sites à consulter pour en savoir plus sur la bio et la restauration collective :

  • http://www.scoop.it/t/restauration-collective-bio
  • http://www.repasbio.org
  • http://www.restaurationbio.org
  • http://www.aprobio.fr/apb/
  • http://www.agencebio.org/la-bio-en-restauration-collective-les-chiffres
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